Débat public du jeudi 13 décembre 2007

Un article de Brest Eau Publique.

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Parmi la quarantaine de personnes présentes à la salle des syndicats à Brest, on pouvait trouver parmi les participants des représentants syndicaux ( CGT BMO), ou politiques ( Verts, UDB/Frankiz Breizh, Autre Gauche, PC, Brest Debout)


Après l'introduction de la réunion par des militants verts Michel Joanny et Julie Le Goïc, la parole a été donnée à Gérard Borvon, président de S-Eau-S, membre du Conseil national de l'eau.

Il s'est livré à un exposé clair et illustré sur la question du retour en régie local du service public de l'eau.

Il a montré, à l'aide de documents officiels que l'eau était systématiquement plus chère de 30% en cas de contrat d'affermage, c’est le plus souvent le cas en Bretagne (+ 80% des communes), à Brest en particulier. Chacun a pu constater que la carte de France des services d’eau en affermage était identique à celle de la cherté de l’eau.

La démonstration particulièrement convaincante a démontré en outre que ces cartes là étaient aussi superposables avec celle de la pollution de l'eau.

Pour Gérard Borvon, l'opacité, la division pour mieux régner en négociant avec chaque commune ou syndicat de communes, telle est la stratégie des grande groupes de l'eau (Veolia...)

Il a rappelé les connexions "louches" entre les partis politiques et les grandes multinationales de l'eau (emplois fictifs, maintenant ancien personnel politique recrutés comme collaborateurs)

Il a insisté sur le fait que le combat pouvait être gagné. La question du retour en régie directe est aujourd’hui très présente, de nombreuses communes l'ont fait ou sont en train de le faire : - la Communauté urbaine de Cherbourg après Grenoble - plus près de nous : Landerneau

Selon lui, l'action collective est toujours payante, l'arrêt du projet de nanofiltration à Pont ar Bled, suite à la mobilisation de toutes les associations d'environnement est là pour le montrer.

Enfin, en conclusion, il a invité les gens à déposer lors de l'enquête publique en cours sur l'augmentation du prélèvement à la prise d’eau à Gosmoal sur l’Elorn suite à la décision gouvernementale de fermer le captage d'eau sur l'Horn.

Questions-réactions avec la salle :

- une personne de Plouzané : " Veolia est difficile à joindre, une régie municipale est plus proche des gens..."

- une personne de Plougastel "les élus ont baissé la garde en matière de protection de l'eau mais aussi la population qui s'est réfugiée dans l'achat de l'eau en bouteilles..."

- une personne de Brest a rappelé qu'"en 1987, les élus locaux brestois de gauche (socialistes en particulier), avaient manifesté contre l’affermage..."

- une autre a insisté sur le fait que, selon lui, "la position du PS brestois pour une SEM (société d'économie mixte) n’était pas acceptable, et que c’était un piège dans lequel il ne fallait pas tomber. La SEM n’est rien d’autre qu’une société intermédiaire entre le public et le privé, mais en fait aux mains du privé. Pourquoi la gauche cherche à tout prix à se débarrasser du service public...".

- enfin plusieurs personnes ont posé des questions sur la façon dont allait pouvoir se réaliser le passage éventuel de l'affermage à la régie. Il a été réclamé de faire un état des lieux (indispensable vu l’opacité de Véolia et consorts), de faire l’inventaire des canalisations souterraines (en mauvais état), et d'affecter des personnes à faire ce boulot d'ici la mfin du contrat.


Après une série d'échanges, Gérard Borvon a repris la parole pour expliquer la loi Oudin Santini.

Pour lui, c'est clair, c’est une privatisation de la solidarité internationale au niveau de l’eau; Il a rappelé aussi qui était Santini Président du Comité de bassin Seine Normandie, depuis 2005, Président du Syndicat des eaux d’Ile-de-France, depuis 1983.

Il a expliqué qu'avant la loi, seules les collectivités pouvaient passer des coopérations avec d’autres collectivités.

Le sénateur Oudin et le député Santini ont fait passer la loi du 9 février 2005 (dite Loi Oudin/Santini) en catimini, elle permet aux collectivités locales de consacrer jusqu’à 1% du budget annexe de leurs services d’eau pour des actions humanitaires (1% c’est beaucoup d'argent, des gros budgets sont en jeu)

On a vu alors les grands groupes comme Véolia créer des ONG (ex : Véolia Waterface) proposant des actions de "solidarité" autour de l'eau ciblées sur des pays où l’intérêt politique et stratégique de la France est forte. Elles se sont avérées en fait une porte d’entrée des grands groupes dans ces pays.


Intervention de représentants de la CGT BMO :

"On est d’accord pour participer au collectif brestois pour un retour en régie local du service de l'eau" dont la création était évoquée par les militants verts présents.

Ils ont indiqué que sur 145 employés de BMO détachés à CEO (puis Véolia eau), il n’en restait que 28 en poste. Tout le personnel ou presque est aujourd’hui de statut privé ou intérimaire. Ils ont insisté sur la faisabilité d'un retour en régie public : "on a les compétences, on a les moyens, on a un bureau d’études qui connaît bien. Au sein de BMO, il y a une cellule de suivi (ingénieurs, techniciens) qui pourrait fournir les capacités d’encadrement."

Ils ont évoqué la création d'un comité des usagers.

Ils ont rappelé qu'ils étaient intervenus auprès des élus communautaires pour proposer un avenant au contrat prévoyant des actions concrètes de la part du délégataire :

- protection de la ressource (100 000 euros)

- solidarité internationale (50 000 euros)

En conclusion: de nombreuses personnes ont signalé leur intérêt pour la création du collectif. "il faut commencer très vite la procédure est très longue (3 ans)" "le collectif à mettre en place rapidement, le rapport de force est à faire connaître de suite"


Il a donc été décidé que des contacts seraient pris pour constituer rapidement le collectif. D'autre part les représentants des partis politiques de gauche représentés à la réunion ont indiqué vouloir peser sur le programme municipal (PC/BNC/les verts/UDB) pour modifier la partie sur l'eau.

Enfin, il a été signalé que le site brest-eau-publique.net avait été mis en place, et chacun-e a été invité-et à faire vivre cet espace d’expression collaborative.